Un petit tour en Dobson...
Hier soir était pour moi une soirée de nouveautés astronomiques :
- pour une fois j'ai mis l'oeil à l'oculaire pour regarder des objets et non pas pour faire une mise en station équatoriale et vite mettre une CCD.
- j'ai dû chercher ces mêmes objets avec mes petites mimines qui ont plus l'habitude de taper un nom de NGC dans une raquette que de pousser un télescope !
- j'ai regardé le ciel pour identifier des constellations et des étoiles, et non pas juste pour avoir une idée du seeing
- Et j'ai pu voir plus de 10 étoiles dans ce ciel Bourbonais qui me change de notre ciel orange de banlieue Parisienne !
Nous avons donc acquis au débouté (la veille de notre départ en vacances) un Dobson de 300mm.
Nous allons passer un mois dans le Haut Var et allons imager sur un spot qui est au milieu de nul part dans la garrigue.
Et imager c'est d'abord un gros stress (la mise en station, la guerre contre les nombreux câbles et la mise en oeuvre de l'autoguidage avec sa calibration comme climax !), puis un vrai plaisir (voir les premières brutes), et enfin un long ennui ce pendant que s'accumule les poses.
Donc ce Lightbridge aura pour lourde mission de nous montrer le ciel pendant que la photo fait sa vie.
C'était donc hier soir, en soirée étape chez mes beaux parents, que ce télescope m'a donné ses premières lumières pendant que Madame restait avec ses parents.
Madame et moi même avions fait une collimation sommaire durant l'après midi avec les excellentes fiches de Gégé que j'avais pris soin d'imprimer avant de partir puisque je suis plus habitué à collimater un Schmidt Cassegrain qu'un Newton.
Vient le soir avec une belle lune descendante. Bien qu'en ville (Cusset), le ciel était tout à fait décent à mes yeux de parigot puisque que je devinais vaguement la naissance de la voie lactée.
Après un test rapide sur la polaire pour jeter un oeil à la collimation et avoir une idée de la qualité de l'optique en attendant la nuit, je me posais LA grande question du gotoïste : que regarder ?
En fait la question est même surtout : où est ce ?
Un petit bilan rapide me donnait quelques repères : Vega et la Lyre, Arcturus qui déjà baissait, Altaïr juste au dessus de la maison (bye bye mes cibles préférées en imagerie M16, M20, M8 et M17 cachées par la maison et de toutes façons baignées par la Lune). Voilà la grande ours et la polaire que je ne vois pas depuis mon balcon Parisien, et Cassiopée qui commençait à monter.
La Lyre étant presque au zenith, je me serais bien fait Dumbell, M57 et Albireo. Je savais que c'était dans le coin, mais où exactement ???
Je tentais de les trouver en freestyle en pointant Vega et en faisant une recherche en spirale.
Premier constat : c'est incroyable le nombre d'étoile qui se jetèrent sur la rétine à ce moment là. Le champ me semble plus grand qu'avec le LX90, et les étoiles plus nombreuses et plus piquées. Et pourtant j'utilise à ce moment là le même oculaire Eudiascopique 35mm qui me sert aussi au grand champ sur le LX.
Une seconde constatation s'imposa rapidement : faire une recherche en spirale n'est pas simple avec un Dobson, et il est plus simple (mais moins précis) de balayer le ciel de haut en bas et de droite à gauche.
C'est néanmoins quelque chose de très agréable que de voir toutes ces étoiles défiler, c'est incroyable de nombre de binaires qui émaillent le ciel !
Voyant que je ne trouve pas les objets et qu'avec ces recherches je me retrouve vite à plus de 10° de mon point de départ, j'allais chercher le bouquin de JL Dauvergne qui propose de sympathiques randonnées celestes.
Et là tout s'accéléra puisque en moins d'une demi heure, j'avais pu trouver M57, M27, Albireo et partir sur M13.
A ce moment là, Cassiopée était montée et je pus accrocher en plus M31 que je savais déjà trouver tout seul 
Un petit tour vers l'Ouest et j'accroche M81 et M82, puis le double amas...
Je ne vais pas détailler toute la - fraîche - soirée dans le détail, mais voici mes impressions en vrac :
- Le Dobson c'est vraiment agréable pour ce genre de promenade. Il suffit de pointer un repère ou la zone repérée avec les cartes et on trouve quasiment à coup sûr avec le 35mm. Par contre, les objets partent vite du champ de LV9mm.
- Un oculaire grand champ est vraiment bien plus agréable. Autant sur le SC il n'y a pas beaucoup de valeur ajoutée, autant là c'est très différent.
- L'Eudiascopique 35mm reste mon préféré, plus que le 30mm 68° Chinois que m'a donné le vendeur du LB12 qui n'est pas très propre dans les bord de champ. Le Baader est étroit, mais piqué. Le Meade 26mm du LX s'en sort bien comme à son habitude.
- Le LV9mm trouve enfin une utilité. Par contre, je n'ai pas le point avec mon Nagler 12T4, il manque du tirage. Je réessaierai en n'enfonçant pas l'oculaire à fond, mais c'est rageant à cause de ce design boiteux de double coulant de Télévue que de ne pas pouvoir utiliser cet oculaire conçu pour les Dobsons !
- L'image du Dob est plus nette et belle que celle du SC pour une raison qui m'échappe. Peut être est tout simplement la différence d'ouverture et de toutes façons je n'avais pas le SC en station à coté pour comparer. Et puis je mets si rarement l'oeil dedans...
- En réponse au post de gégé; je trouve qu'il y a une GROSSE différence pour moi entre 200mm et 300mm. C'est vraiment très net sur des objets comme M27 ou M57, sans parler des galaxies.
- Le LB est une bonne surprise. Malgré une finition ponctuellement médiocre (visserie, chanfrein du miroir mal fait et avec quelques petits éclats, poignée du rocker sans champ de protection, crayford moyen, montage à la "Chinese low cost"), l'utilisation est très agréable coté mouvement et suivi. Il manque juste une petite poignée sur la cage du secondaire comme sur les Skywatchers. La qualité optique semble tout à fait correcte, même si j'attends de recevoir un laser de collim et un kit complet de remplacement des ressorts/vis du primaire pour faire un star test sérieux. En tout cas les étoiles sont elles bien ponctuelles.
- La collimation est faisable, mais les ressorts des tirantes sont indignes et demandent à être remplacés.
Voilà donc le - long - récit d'un photographe gotoïste satisfait de son expérience avec un Dobson. Et ce n'était pas évident de prime abord...
Last Updated (Friday, 11 December 2009 10:10)




